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Le site d’un médecin a une seule mission : répondre, calmement et précisément, aux questions qu’un patient se pose avant d’appeler — qui vous êtes, ce que vous soignez, comment, où et quand il peut vous consulter. Il doit rester informatif et non promotionnel, respecter la déontologie de votre Ordre, et être structuré pour que Google Maps et les assistants IA décrivent correctement votre cabinet.
- Le patient décide sur des faits : spécialité, parcours, actes, langues, adresse, horaires et prise de rendez-vous.
- L’information est permise, la publicité ne l’est pas : promesses de résultat, comparaisons et témoignages de patients sont en général proscrits.
- Un nom, une adresse et un téléphone identiques partout, plus des données médicales schema.org, permettent aux assistants IA de vous décrire correctement.
- La sobriété est une qualité : un site médical gagne la confiance autant par ce qu’il ne dit pas.
Sommaire
- Les huit points que vérifie le patient
- Informer sans faire de publicité : la ligne déontologique
- Comment Google Maps et les assistants IA décrivent votre cabinet
- Une structure qui fonctionne pour un cabinet de spécialiste
- Cinq erreurs que nous voyons sur les sites de médecins
- Les questions des lecteurs
Avant d’appeler un spécialiste, le patient fait désormais ce que ferait un confrère : il vérifie. Ce médecin est-il qualifié pour mon problème ? Pratique-t-elle l’acte dont j’ai besoin ? Puis-je accéder au cabinet, me garer, parler ma langue ? Une part croissante de ces vérifications ne se fait plus sur la page de résultats de Google, mais dans une conversation avec un assistant IA, qui répond avec un ou deux noms.
Un site médical n’est donc pas une plaquette. C’est un dossier — et le patient, comme l’assistant, le lit en cherchant des faits.
Les huit points que vérifie le patient
- La spécialité et la sur-spécialité, dites avec les mots du patient (« troubles du rythme cardiaque ») autant qu’avec les vôtres (« rythmologie »).
- Le parcours : formation, diplômes, postes hospitaliers, sociétés savantes.
- Les actes pratiqués au cabinet, chacun expliqué en quelques lignes sobres : à quoi il sert, comment il se déroule, combien de temps il dure.
- Où : adresse, plan, accès, stationnement, accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
- Quand : horaires, urgences, délai habituel pour un premier rendez-vous.
- Comment prendre rendez-vous : téléphone, réservation en ligne, documents à apporter à la première consultation.
- Les langues parlées — décisives dans des villes multilingues comme Fès, Casablanca, Bruxelles ou Montréal.
- Les honoraires et la prise en charge, dans la mesure où vos règles le permettent : secteur, conventions, tiers payant.
Informer sans faire de publicité : la ligne déontologique
La médecine n’est pas un marché comme un autre, et ses codes de déontologie le disent. En France, un décret du 22 décembre 2020 a modifié le code de déontologie médicale pour permettre aux médecins de délivrer au public une information factuelle sur leurs compétences et leur exercice, à condition qu’elle soit loyale, honnête et non commerciale. Au Maroc, la loi 131-13 relative à l’exercice de la médecine et le code de déontologie interdisent de même d’exercer la médecine comme un commerce.
Concrètement, cela exclut ce que la plupart des agences vendent par réflexe : promesses de résultat, galeries avant-après, comparaisons avec des confrères et, dans la plupart des pays, témoignages de patients. Ce qui reste — une information précise et vérifiable — est exactement ce que patients et assistants IA valorisent le plus. Vérifiez les recommandations en vigueur de votre Ordre avant de publier : les règles diffèrent d’un pays à l’autre et sont régulièrement révisées.
Comment Google Maps et les assistants IA décrivent votre cabinet
Quand quelqu’un demande à un assistant un cardiologue dans sa ville, la réponse est assemblée à partir de quelques sources : votre site, votre fiche Google Business Profile, les annuaires médicaux et les mentions dans la presse. Si ces sources se contredisent — une autre adresse, une spécialité dépassée, d’anciens horaires —, l’assistant hésite ou répète la mauvaise version.
- Utilisez exactement le même nom, la même adresse et le même numéro sur votre site, votre fiche Google et chaque annuaire.
- Décrivez le cabinet en données structurées : schema.org propose les types Physician et MedicalClinic, qui disent explicitement qui vous êtes et ce que vous soignez.
- Donnez à chaque acte important sa propre section, avec un titre clair — les assistants citent des passages, pas des sites entiers.
- Gardez une mention datée « mis à jour le » sur les pages pratiques : horaires et honoraires changent, et la fraîcheur est un signal de confiance.
Une structure qui fonctionne pour un cabinet de spécialiste
Pour la plupart des spécialistes, cinq pages suffisent :
- Accueil : qui vous êtes, ce que vous soignez, où — dès les trois premières lignes.
- Le médecin : formation, fonctions, publications, langues.
- Les actes : une courte section par acte, en langage clair.
- Le cabinet : adresse, plan, accès, horaires, équipe.
- Rendez-vous : comment réserver, quoi apporter, information sur les honoraires.
Ajoutez une courte FAQ avec les questions auxquelles votre secrétariat répond dix fois par jour. Elle soulage le téléphone — et c’est précisément le format que citent les assistants IA.
Cinq erreurs que nous voyons sur les sites de médecins
- Une page d’accueil qui s’ouvre sur une photo de banque d’images et un slogan au lieu de la spécialité et de la ville.
- Des actes listés en jargon sans une seule phrase d’explication.
- Un CV en PDF au lieu d’un texte lisible par les moteurs de recherche.
- Une adresse différente de celle de la fiche Google.
- Pas de version mobile digne de ce nom — alors que la plupart des patients cherchent depuis leur téléphone.
Les questions des lecteurs
Un médecin a-t-il le droit d’avoir un site internet ?
Oui, en France, au Maroc et dans la plupart des pays, à condition que le contenu soit informatif et respecte le code de déontologie : une information factuelle sur les qualifications, l’exercice et l’accès, sans publicité ni promesse de résultat.
Puis-je publier des avis de patients sur mon site ?
En général, non. La plupart des Ordres considèrent les témoignages de patients comme de la publicité. Les avis laissés sur des plateformes indépendantes sont une autre affaire, mais il ne faut ni les reproduire ni les solliciter sur votre propre site. Vérifiez les recommandations en vigueur de votre Ordre.
Ai-je besoin d’un site si je suis déjà sur Doctolib ou une plateforme similaire ?
Une plateforme de réservation vous liste parmi des centaines de confrères, sur une page qu’elle contrôle. Votre propre site est le seul endroit où votre expertise, vos actes et votre approche sont présentés en entier — et la source qu’utilisent les assistants IA pour vous décrire au-delà d’un nom et d’une adresse.
Combien de temps faut-il pour créer le site d’un médecin ?
Avec vos informations prêtes — CV, actes, informations pratiques —, un site médical de cinq pages prend environ deux semaines chez The Abstract, relecture avant publication comprise.
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